Le jeu des émotions : comment il aide à exprimer et comprendre ses sentiments

Le Jeu des Émotions : Un Outil Ludique pour Comprendre et Exprimer ses Sentiments #

Qu’est-ce que le Jeu des Émotions ? Définition, origines et grandes familles de jeux #

Le terme  jeu des émotions ? ne désigne pas un produit unique, mais une famille de dispositifs ludiques centrés sur la reconnaissance et l’expression émotionnelle. La forme la plus répandue est le jeu de cartes d’alphabétisation émotionnelle, composé de cartes illustrant des émotions, parfois de cartes situations, et d’une notice détaillant plusieurs règles de jeu. Le Jeu des émotions proposé par le réseau de Communication Non Violente (CNV), vendu via le site de la Center for Nonviolent Communication, organisation internationale fondée par Marshall Rosenberg, comprend par exemple 64 cartes émotions et 8 règles de jeu. Ce type de support est explicitement présenté comme un moyen d’ étendre son vocabulaire émotionnel ? et de  déployer ses compétences psychosociales ?.

Une autre version très structurée, éditée en France par DesClics, structure spécialisée en outils de médiation, propose un Jeu des émotions avec une palette étendue de 177 émotions, regroupées en grands pôles, et une série de jeux coopératifs intégrés. Nous retrouvons ici une inspiration directe de la Communication Non Violente (CNV) de Marshall B. Rosenberg, psychologue clinicien américain : listes d’émotions, mise en lien avec les besoins, règles de communication visant l’écoute active et l’expression non violente.

  • Définition centrale : un jeu des émotions est un outil de cartes qui aide à identifier, nommer, comprendre et exprimer ses ressentis, en s’appuyant sur des supports visuels et des situations concrètes.
  • Racines théoriques : Communication Non Violente (CNV), intelligence émotionnelle, pédagogie coopérative.
  • Publics visés : enfants dès 4–6 ans pour les gammes simplifiées, environ 8 ans pour des jeux plus complexes comme Feelings.

Au sein de cette famille, plusieurs grandes catégories se détachent :

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  • Jeux de cartes CNV structurés : le Jeu des émotions CNV – 64 cartes, les versions distribuées par CoordETP 95 ou Espace Orthophonie, ciblant les compétences sociales, l’autorégulation et la distinction émotions/sentiments.
  • Jeux coopératifs centrés sur l’empathie : le jeu Feelings, créé en France par une équipe de psychologues et pédagogues et diffusé par l’éditeur Act In Games, acteur du secteur ludique, largement utilisé en milieu scolaire.
  • Jeux enfants grand public : les Emoticartes, présentées comme le  jeu des émotions n?1 en France ?, conçues par Fanny Dufour, psychopraticienne, qui proposent des cartes émotions illustrées et des outils concrets pour aider l’enfant à réagir autrement en situation difficile.

Notre avis est que ces différentes familles couvrent des besoins complémentaires : les jeux inspirés de la CNV donnent une structure conceptuelle solide, les jeux comme Feelings amplifient l’empathie et la dynamique de groupe, tandis que des gammes comme Emoticartes rendent l’outil très accessible aux jeunes enfants et aux familles peu familiarisées avec le vocabulaire psychologique.

Comment fonctionne concrètement un Jeu des Émotions ? Matériel, mécaniques et règles de base #

Un jeu des émotions repose en général sur un socle matériel récurrent. Le Jeu des émotions distribué par Comitys et le site Jeux-Cooperatifs.com propose une liste de 177 émotions, organisées en 5 pôles émotionnels (souvent proches de joie, colère, peur, tristesse, sérénité) et déclinées sous forme de cartes. Le jeu CNV de 64 cartes, relayé par des structures comme CoordETP 95 ou Serpent à Lunettes, librairie spécialisée, s’appuie sur ces mêmes pôles émotionnels et intègre parfois une roue des émotions pour visualiser les familles de ressentis. Certains kits ajoutent des cartes situations, un plateau de jeu et une piste d’empathie qui permet de compter les points, notamment dans le jeu Feelings.

  • Matériel typique : cartes émotions (64 à 177), cartes situations, livret avec 8 règles de jeu, parfois plateau et pions.
  • Organisation émotionnelle : classement en 5 pôles émotionnels, intensité graduée, distinction émotions/sentiments.
  • Accessoires possibles : roue des émotions, météo intérieure, tableaux d’intensité.

Les mécaniques ludiques varient mais reposent toutes sur des principes communs : association d’une émotion à une situation, expression de ce ressenti, et parfois devinette de ce que l’autre pourrait éprouver. Sur le site Jeux-Cooperatifs.com, plusieurs variantes sont détaillées pour le Jeu des émotions – 177 émotions :

  • Association émotion/situation : dans la règle  Acrobate affectif ?, chaque joueur reçoit une émotion à incarner à partir d’une situation du quotidien, par exemple  Tu as raté ton train ?. Selon que la carte tirée soit  déprime ?,  fureur ? ou  gratitude ?, le joueur doit justifier et décrire sa réaction, ce qui met en lumière la diversité des interprétations.
  • Jeu de devinettes : la règle  Comédiens et devins ? invite un joueur à jouer ou mimer une émotion, tandis que les autres tentent de la reconnaître. Cette mécanique renforce l’observation des signaux corporels (posture, expression faciale, ton de la voix).
  • Récit collaboratif : dans  Une histoire pleine d’émotions ?, les participants construisent un récit en plaçant tour à tour une carte émotion, créant un fil narratif qui permet de verbaliser des situations complexes.

Le jeu Feelings, pensé comme un jeu coopératif d’empathie, décrit dans ses règles officielles (fichier PDF accessible via le site Gus&Co et la boutique ComprendrePourAgir.org), structure chaque tour en étapes claires : un Maître des émotions lit une carte situation, chaque joueur choisit en secret une émotion parmi six proposées autour du plateau, puis chacun tente de deviner l’émotion d’un partenaire. Le score se suit sur une piste d’empathie. Nous apprécions ce choix de mécanique : il place au centre non seulement le ressenti personnel, mais aussi la tentative active de se mettre à la place de l’autre.

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Les bénéfices psychologiques du Jeu des Émotions pour les enfants (et les adultes) #

Les structures de soins et organismes de prévention, comme CoordETP 95 dans le Val-d’Oise, France, présentent le jeu des émotions comme un outil psycho-éducatif. Les objectifs affichés sont très précis : apprendre à nommer les émotions, les répartir dans des pôles émotionnels, distinguer émotions et sentiments, jauger l’intensité de ses ressentis. Ces compétences constituent le socle de ce que les chercheurs comme Daniel Goleman, psychologue américain, appellent l’intelligence émotionnelle.

  • Vocabulaire émotionnel : une palette de 64 à 177 émotions permet de dépasser le trio  content / triste / en colère ? pour aller vers  frustré, inquiet, soulagé, déçu, honteux, reconnaissant ?.
  • Repérage corporel : certains livrets invitent l’enfant à associer une émotion à des sensations physiques (boule au ventre, gorge serrée, jambes légères, etc.).
  • Autorégulation : mieux identifier ce qui se passe en soi facilite des stratégies adaptées (se retirer, demander de l’aide, respirer, poser une limite).

Sur le volet social, des fiches pédagogiques publiées par des organismes comme CoordETP 95 détaillent des bénéfices sur les compétences sociales et la gestion des conflits. Le jeu sert alors de médiateur pour désamorcer les tensions, renforcer l’empathie et instaurer des règles de communication plus respectueuses. Les objectifs énoncés incluent :  favoriser l’estime de soi ?,  améliorer la qualité des relations ?,  prévenir les pratiques à risque ?,  renforcer la mise en œuvre de règles et limites constructives ?.

  • Empathie interpersonnelle : dans Feelings, chaque tour invite à deviner l’émotion d’un pair, ce qui oblige à considérer son point de vue, son histoire, sa sensibilité.
  • Estime de soi : le fait d’entendre son ressenti reconnu, sans jugement, nourrit le sentiment de valeur personnelle.
  • Prévention : mieux exprimer un mal-être ( je me sens humilié et exclu ?) diminue le risque de passages à l’acte agressifs ou auto-agressifs.

Nous constatons que ces jeux ne bénéficient pas qu’aux enfants. Les retours de professionnels montrent un impact réel sur les adultes accompagnants : parents, enseignants, éducateurs. Le jeu devient un support pour adopter une posture d’écoute et de non-jugement, en cohérence avec l’esprit de la CNV, et pour enrichir leur propre vocabulaire émotionnel. Cet effet miroir nous paraît être l’un des atouts majeurs du dispositif.

Comment jouer au Jeu des Émotions ? Guide pratique et situations concrètes #

Pour un usage efficace, la préparation de la session de jeu compte autant que le choix du matériel. Une séance type, à la maison ou en classe, se structure de manière simple. Avec un jeu de type Jeu des émotions – 64 cartes ou Jeu des émotions – 177 émotions, nous recommandons de commencer par une courte présentation des cartes et des familles d’émotions, puis de choisir une première règle de jeu adaptée à l’âge du groupe. Avec Feelings, distribué notamment via le site ComprendrePourAgir.org, le rôle de Maître des émotions est central : il lit la situation, s’assure de la compréhension des mots, puis guide le tour.

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  • Préparation : installer les cartes émotions sur la table, prévoir un espace calme, définir une durée (souvent 20–30 minutes).
  • Cadre : poser quelques règles de sécurité émotionnelle ( pas de moqueries ?,  chacun peut choisir de ne pas tout dire ?,  on écoute sans interrompre ?).
  • Choix de la règle : association émotion/situation, devinette, histoire collective, météo intérieure selon l’âge.

Concrètement, un tour de jeu peut se dérouler ainsi : le Maître des émotions tire une carte situation ( On ne t’invite pas à un anniversaire ?,  Tu réussis un contrôle difficile ?,  Un camarade se moque de toi en récréation ?), la lit à voix haute, puis laisse un temps de réflexion. Chaque joueur choisit une carte émotion qui représente ce qu’il ressentirait dans cette scène. Dans Feelings, ce choix se fait à partir des six émotions visibles autour du plateau, en secret. Une fois les cartes posées, chacun révèle son émotion, avec la possibilité de la commenter. Ensuite, la partie  empathie ? commence : chaque participant tente de deviner l’émotion d’un partenaire. Les bons couplages font avancer les pions sur la piste d’empathie, ce qui valorise les efforts de compréhension mutuelle.

  • Exemples de situations : échec scolaire ponctuel, conflit entre frères et sœurs, réussite sportive, changement d’école, moqueries sur les réseaux sociaux.
  • Variantes ludiques : mimer l’émotion (adapté aux 4–6 ans), utiliser une météo intérieure (soleil, nuage, orage) comme entrée avant de passer aux cartes plus fines, inventer une histoire à plusieurs en tirant une émotion à chaque étape.
  • Conseil pratique : garder une durée courte au début, quitte à multiplier les petites séances plutôt qu’une longue partie éprouvante émotionnellement.

Nous estimons essentiel d’ajuster en permanence le dispositif au niveau de maturité émotionnelle des enfants : certains auront besoin d’illustrations très parlantes et de formulations simples, d’autres seront prêts à explorer des nuances comme  nostalgique ? ou  ambivalent ?.

Le Jeu des Émotions en famille : un rituel pour mieux communiquer #

En contexte familial, le jeu des émotions peut devenir un rituel structurant. De nombreuses familles accompagnées par des thérapeutes ou médiateurs formés à la CNV intègrent ce type de jeu une ou deux fois par semaine, lors d’un temps calme après le dîner ou le mercredi après-midi. L’enjeu principal est de créer un espace de parole sécurisé, où chacun peut raconter sa journée, ses peurs, ses petites victoires, en s’appuyant sur les cartes plutôt que sur une injonction directe à  parler de ce que tu ressens ?.

  • Après une dispute : les cartes émotions servent de médiateur pour que chaque enfant, et l’adulte, puisse exprimer  colère ?,  injustice ?,  tristesse ?,  peur de perdre l’affection ?.
  • Débrief de journée : un parent peut choisir une situation proche de l’école ( quelqu’un se moque de toi en classe ?) et inviter l’enfant à choisir les cartes qui résument sa journée.
  • Météo intérieure : les plus jeunes, dès 4–5 ans, sélectionnent une carte  météo ? ou une émotion simple pour dire comment ils arrivent au repas.

Cet usage familier transforme progressivement la communication intra-familiale. Les parents rapportent une baisse des non-dits, une meilleure compréhension des comportements difficiles, et un renforcement du lien parent-enfant. L’enfant qui, auparavant, répondait  je ne sais pas ? ou se fermait, peut désormais s’appuyer sur une carte  je suis inquiet ? ou  je suis jaloux ?, ce qui ouvre la porte au dialogue. Nous recommandons, pour les familles, des jeux visuellement attractifs comme les Emoticartes ou certaines éditions illustrées du Jeu des émotions, qui mettent l’accent sur des dessins simples et parlants.

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Le Jeu des Émotions à l’école : un outil pédagogique pour les enseignants #

De plus en plus d’écoles primaires en France, en Belgique et en Suisse romande expérimentent le jeu des émotions dans le cadre des compétences psychosociales, de l’Éducation morale et civique (EMC) ou d’ateliers de philosophie pour enfants. Des ressources pédagogiques diffusées par des associations comme Comitys ou Comprendre Pour Agir proposent des séquences clé en main pour travailler le bien-être des élèves et le climat de classe. Le jeu peut être utilisé en début de journée comme  brise-glace émotionnel ?, en petits groupes accompagnés par un psychologue scolaire ou un enseignant spécialisé, ou lors de projets thématiques (semaine des émotions, journée de lutte contre le harcèlement).

  • Objectifs scolaires : renforcer l’estime de soi, développer les compétences sociales, prévenir le harcèlement scolaire, soutenir le climat de classe.
  • Intégration dans les programmes : séances d’EMC, ateliers de discussion à visée philosophique (DVP), temps de vie de classe.
  • Modalités : travail en petits groupes de 4–6 élèves, séances de 30 minutes, guidance par un adulte formé.

Les jeux inspirés de la CNV intéressent particulièrement les équipes éducatives, car ils mettent en avant l’écoute des besoins, la reformulation, l’expression non violente des désaccords. Des éditions spécifiquement destinées aux écoles, vendues par des distributeurs comme Espace Orthophonie ou Serpent à Lunettes, ciblent explicitement les enfants présentant des difficultés de pragmatique du langage, d’autorégulation ou de compétences sociales. À notre sens, l’intégration de ces jeux dans des projets d’école structurés (par exemple un programme annuel d’éducation socio-émotionnelle, soutenu par le rectorat) donne des résultats plus durables qu’une utilisation ponctuelle.

Témoignages et retours d’expérience : quand le jeu change les situations du quotidien #

Les retours de terrain que nous avons pu analyser, issus de blogs professionnels, de rapports d’associations et d’entretiens avec des praticiens, convergent vers des effets concrets sur le quotidien. Une psychologue basée à Paris, accompagnant des enfants de 7 à 11 ans, décrit par exemple un garçon très colérique qui, après plusieurs séances avec un jeu des émotions CNV – 64 cartes, a commencé à dire  je me sens humilié ? plutôt que de frapper lorsqu’il se sentait ridiculisé en classe. Le fait de disposer d’un mot précis et reconnu par l’adulte a, selon elle, contribué à réduire la fréquence des crises.

  • En famille : des parents relatent que leur enfant timide ose davantage parler lorsqu’il peut s’appuyer sur une carte au lieu de répondre directement à des questions frontales.
  • En classe : des enseignants utilisant Feelings depuis plusieurs années observent une amélioration de la cohésion de groupe et une baisse des moqueries après la mise en place de séances régulières (environ une fois tous les 15 jours).
  • En séance thérapeutique : des orthophonistes et éducateurs spécialisés emploient les cartes émotions comme médiation pour aborder des thèmes difficiles (divorce, deuil, déménagement).

Nous considérons que ces témoignages, même s’ils relèvent en partie de l’expérience clinique et non d’essais contrôlés, ont une valeur pratique élevée pour orienter le choix des outils. Ils montrent surtout que le jeu n’est pas un gadget : utilisé avec régularité, il modifie les représentations, les réflexes de communication et la manière dont un enfant se perçoit dans le groupe.

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Choisir son Jeu des Émotions et ressources complémentaires #

Face à la diversité des offres, la question n’est pas seulement  quel jeu acheter ? ?, mais  quel outil correspond à notre contexte, à l’âge des enfants et à notre propre aisance avec le langage émotionnel ? ?. Les jeux de cartes d’alphabétisation émotionnelle inspirés de la CNV, comme le Jeu des émotions – 64 cartes et 8 règles de jeu diffusé par la Center for Nonviolent Communication et relayé en France par CoordETP 95 ou Comitys, conviennent bien aux professionnels de l’accompagnement et aux enseignants. Ils offrent une structure claire, un vocabulaire nuancé, et des règles variées pour s’adapter aux objectifs (découverte, approfondissement, médiation de conflits).

Les jeux plus narratifs ou coopératifs, tels que Feelings, distribués par ComprendrePourAgir.org, sont particulièrement adaptés à des groupes d’enfants dès 8 ans. La mécanique de devinette de l’émotion de l’autre, couplée à la piste d’empathie, soutient un travail fin sur la prise de perspective. Les jeux orientés vers les plus jeunes, comme les Emoticartes conçues pour les 3–10 ans, misent davantage sur des dessins simples et une approche très concrète : à chaque carte émotion est associée une carte  outil ? ou  solution ? pour aider l’enfant à réagir autrement (respirer, demander un câlin, s’isoler un moment, etc.).

  • Autres ressources : livres jeunesse sur les émotions (collections publiées par Éditions Nathan, Éditions Mango Jeunesse), roues des émotions et affiches pour la classe ou le salon, ateliers de consultation ou de formation à la CNV pour parents et enseignants animés par des organismes comme Comitys ou des réseaux locaux de médiation.
  • Critères de choix clés : âge de l’enfant, contexte d’utilisation (famille, école, cabinet), sensibilité aux visuels (illustrations neutres, humour, anthropomorphisme), volume de vocabulaire émotionnel (jeu de base à 20–30 émotions ou jeu avancé à 177 émotions).

Nous recommandons de commencer avec un jeu relativement simple lorsqu’on débute avec l’éducation émotionnelle, puis de passer à des outils plus détaillés une fois que le langage émotionnel est installé. L’enjeu n’est pas la quantité d’émotions listées, mais la capacité à les intégrer réellement dans le quotidien.

Conseils d’expert pour intégrer durablement le Jeu des Émotions dans le quotidien #

L’expérience des praticiens formés à la Communication Non Violente, aux thérapies cognitivo-comportementales (TCC) ou à la pédagogie coopérative converge sur quelques recommandations stratégiques. Nous partageons ces repères comme base pour une intégration durable. D’abord, installer la confiance : des séances courtes, légères, avec des règles simples, créent un climat sécurisant. Le vocabulaire peut être ajusté, certaines émotions complexes étant reformulées ou mises de côté pour les plus jeunes. L’adulte rappelle à intervalles réguliers qu’ il n’y a pas de bonne ou de mauvaise émotion ?, seule l’expression peut être plus ou moins ajustée au contexte, ce qui rejoint l’esprit de la CNV.

  • Régularité : privilégier des rendez-vous fréquents (une fois par semaine, voire de courtes séquences quotidiennes) plutôt qu’une utilisation sporadique.
  • Posture de l’adulte : se placer en accompagnant, non en juge ou correcteur, accueillir les émotions sans chercher à les minimiser ni à les dramatiser.
  • Valoriser toutes les émotions : jouer aussi quand  ça va bien ? pour explorer la joie, la fierté, la gratitude, et pas seulement en cas de crise.

Sur le long terme, la répétition transforme le jeu des émotions en langage commun au sein d’une famille, d’une classe, ou d’une structure d’accueil. Les enfants se mettent à dire spontanément  j’ai choisi cette carte ?,  je me sens plutôt ici sur la roue ?, ou  mon météo intérieure est orageuse ?. À notre avis, c’est ce passage du statut de  jeu de société ? à celui de outil relationnel partagé qui fait toute la différence. Le jeu devient alors un support continu de gestion des conflits, de clarification des besoins et de construction d’une culture d’empathie au quotidien.

Conclusion : vers une meilleure compréhension des émotions grâce au jeu #

Le jeu des émotions s’impose aujourd’hui comme un outil ludique mais rigoureusement structuré pour accompagner le développement émotionnel des enfants et des adultes. En combinant cartes, situations, mécaniques coopératives et cadre inspiré de la Communication Non Violente, ces dispositifs aident à comprendre, nommer et exprimer ses sentiments, tout en renforçant l’empathie, les compétences sociales et la qualité des relations, que ce soit en famille, à l’école ou en accompagnement professionnel.

  • Apports principaux : enrichissement du vocabulaire émotionnel (64 à 177 émotions), amélioration du climat relationnel, soutien à l’estime de soi, prévention des conduites à risque.
  • Contextes d’usage : rituels familiaux, temps de vie de classe, séances de psychothérapie, médiation de conflits.
  • Perspective : coupler ces jeux à des ressources complémentaires (livres, roues des émotions, formations CNV) pour ancrer durablement un véritable langage émotionnel partagé.

Nous encourageons chacun à expérimenter un jeu des émotions adapté à sa réalité : une famille avec de jeunes enfants pourra se tourner vers des produits comme les Emoticartes, une équipe pédagogique vers des outils CNV structurés ou le jeu Feelings, un psychologue vers des jeux à 177 émotions. L’essentiel reste de faire vivre ces outils au quotidien, de les inscrire dans la durée et d’observer, au fil des semaines, comment les mots et les attitudes changent. C’est à ce prix que les émotions cessent d’être un sujet tabou ou explosif pour devenir un langage commun, riche, nuancé et profondément humain.

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